Jean Paul Gaultier: d’enfant terrible à terrible ?

Sur papier, l’idée semblait géniale: Jean Paul Gaultier pour Target. L’enfant terrible de la mode, en version accessible pour madame tout-le-monde. Les créations du designer, maintenant démocratisées et abordables. Sur papier: oui ! Tout d’abord, le look book n’était pas si mal et les articles de magazines non plus. J’ai reluqué le trench (double breasted), le top marinière et la petite robe noire. Je vous en ai même parlé avec enthousiasme dans mon calendrier du mois de mars.

Et, exactement une semaine après le lancement de la ligne Jean Paul Gaultier for Target, je me retrouve chez Target. Vraiment, il y a de ces coïncidences dans la vie ! Honnêtement, je m’y rendais en partie parce que c’était la journée même du dévoilement de la ligne Liberty of London for Target (je vous en reparle dans le prochain article, promis !), mais qu’elle ne fut pas ma surprise, quand j’ai réalisé que la collection de JPG était encore bien présente sur le plancher.

Réaction initiale: excitation indescriptible ! Je m’avance frénétiquement vers lesdits racks, remplis de fringues JPG, pensant que j’allais dépenser tout mon argent sur chacune des pièces disponibles dans ma taille. NOT !

La robe jaune, si jolie, si flirty est là, celle-là même qui était mise en vedette dans la campagne de pub ! Je la vois. Bliss ! Je m’approche et oups, elle est en… vinyl. Vinyl ? Oui, du genre des K-Way de notre enfance, mais embossed. Oui madame, avec du relief en prime !

Même chose pour la oh, so cute, very Audrey Hepburn little black dress. Elle était quand même assez bien coupée et relativement seyante pour son prix, mais, encore une fois, en vinyl. Come on JPG !!!

C’est dommage. Parce que je voulais vraiment aimer la collection. Mais le manque de qualité des tissus et aussi le manque d’innovation dans le design m’ont vraiment déçue. J’ai vu beaucoup de tissus synthétiques, des pièces qui ne représentaient pas véritablement le talent du designer et des imprimés genre tatouages, lire Ed Hardy. WHAT ??? C’était déjà assez de savoir que Jon Gosselin flirtait avec Christian Audigier, jamais j’aurais cru que JPG allait nous proposer des bikinis et des tops arborant ce genre de motifs. So South Beach gone bad.

Certains designs rappellaient vaguement le style de JPG, mais ils étaient tellement dénudés du génie qu’on lui connaît que j’en étais vraiment attristée. Et je n’étais pas la seule. Les deux copines qui m’accompagnaient l’étaient aussi. Et les autres clientes l’étaient, sans aucun doute, aussi. J’ai compris assez rapidement pourquoi autant d’articles restaient invendus sur le plancher.

L’association entre grands designers et magasins grandes surface se veut sans doute plus difficile qu’on l’aurait cru. L’offensive de Target se voulait une réponse aux associations entre H&M et les grands designers de ce monde. Pour avoir (vous ne serez pas surpris) pris part aux stampedes entourant la sortie en magasin des lignes dites grands designers/petits prix (Viktor&Rolf, Roberto Cavalli, Matthew Williamson et Sonia Rykiel) chez H&M, je peux vous dire que les collections disponibles chez H&M étaient, sans aucun doute, d’une plus grande qualité. Et surtout, plus fidèles à l’essence même des designers.

Je respecte plus que tout le travail des créateurs. Je suis tout à fait d’accord pour investir une somme faramineuse d’argent dans une (voir plusieurs, si vos finances vous le permettent, lucky you !) pièce signée. Pourquoi ? Parce qu’il y a une démarche créative, un désir d’innovation, un travail acharné et un souci de qualité qui entrent en ligne de compte. Et, oui, tout ça à un prix.

En guise de conclusion, je me fais l’avocate du diable. Même si la qualité des matériaux et du design est questionnable, si la collection JPG for Target a réussi à faire découvrir ce grand créateur à un public qui ne le connaissait pas, tout n’est pas perdu tant qu’à moi.

Needless to say, je suis repartie bredouille. Mettant ainsi quelques dollars de plus de côté pour des articles qui en vaudront vraiment la peine. Comme quoi, encore une fois, less is more.

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